Pascal, Le
discours de la machine :
Le pari de Pascal
Problème
philosophique :
1er
alinéa
Rendre
raison d’une CREANCE : distinction entre :
-croyance
commune : repose/réfère sur l’expérience, nécessite une preuve
-croyance
religieuse : Or Dieu n’est pas une réalité appartenant à
l’expérience : l’homme peut croire au-delà de ce que lui donne l’expérience (FOI)
RELIGARE=se
relier => croire c’est se relier à
quelque chose au-delà de nous.
Question :
peut-il justifier une telle croyance ?
Pascal
répond oui : il est moins absurde de croire que de ne pas croire.
2ème
alinéa :
Logique
binaire (=/=logique modale) : Dieu est : V ou F, pas les deux.
Or
il n’existe aucun argument rationaliste pour y répondre :
raisonnablement, il faudrait s’abstenir de choisir (pour éviter un chaos
d’argumentation : la raison seule ne peu trancher).
Néanmoins,
dans la réalité, il faut choisir « il faut
parier, ce n’est pas volontaire, vous êtes embarqués »: on ne peut
hésiter : Pascal exclut d’emblée le sceptique et l’agnostique. Mais comment
expliquer cette nécessité ? Tout simplement par notre conscience de
mortalité= conscience de notre finitude, d’être un être pour la mort, destiné à
mourir : c’est une nécessité existentialiste.
Pourquoi
croire ? Dans son texte ,
Pascal tente de répondre cette
question d’un point de vue probabiliste. En effet, nous faisons presque tous un
choix, quel choix est-il plus raisonnable de faire ?
Examinons
les possibilités : si Dieu n’existe pas, alors j’aurais misé ma vie pour
rien, et puisque mon gain sera nul dans tous les cas, il ne faut pas croire.
En
revanche, si Dieu existe alors toujours en misant une seule vie, je peux gagner
une infinité de bonheur. On peut retranscrire cette idée dans un tableau de
probabilité :
|
Si
dieu existe (probabilité finie)
|
Si
dieu n’existe pas (probabilité finie)
|
Espérance :
|
Je
crois
|
+∞
|
-1
|
+∞
|
Je
ne crois pas
|
-∞
|
1 |
-∞
|
Ainsi,
aussi faible que soit la probabilité d’existence de Dieu, cette probabilité
demeure finie, et donc insignifiante face à l’infinitude du gaine : notre
espérance de gain est alors infinie.
Il
est donc raisonnable de croire selon Pascal : le Chrétien est un bon
joueur.
Néanmoins,
ce pari perd tout son sens dès que l’on remet en cause les significations du
Paradis et de l’Enfer, puisque les issues ne représenteraient ni perte ni gain
pour le joueur.