Le démon de Laplace :
« Nous devons donc envisager l’état présent de
l’univers comme l’effet de son état antérieur et comme la cause de celui qui va
suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les
forces dont la nature est animée, et la situation respective des êtres qui la
composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à
l’Analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands
corps de l’univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain
pour elle et l’avenir, comme le passé serait présent à ses yeux. »
Pour Laplace(1749-1827), philosophe, mathématicien et
physicien français, tout est déterminé. Le hasard n’a aucune place dans ce
monde, le seul hasard existant est une conception humaine, dû à l’imprécision
de la connaissance humaine des cause initiales. C’est là qu’intervient la
théorie du chaos, mise au point par les mathématiciens du XXème siècle, où un
écart infime des conditions initiales entraîne des effets extrêmement différents.
Ainsi, Laplace a une vision déterministe du monde, qui ne serait que le
résultat de réactions de cause à effet. L’entité intelligente, maîtrisant
toutes les forces de l’univers, fut plus
tard appelée « Démon de Laplace ».
Comme le citoyen Laplace présentait au général Bonaparte la
première édition de son Exposition du Système du monde, le général lui
dit : « Newton a parlé de Dieu dans son livre. J'ai déjà parcouru le
vôtre et je n'y ai pas trouvé ce nom une seule fois. À quoi Laplace aurait
répondu : « Citoyen premier Consul, je n'ai pas eu besoin de cette
hypothèse. »
Laplace critique ainsi ouvertement les théories de Newton,
qui présentent comme nécessaire une intervention divine régulière dans la
système solaire, alors que pour le philosophe, qui cite Leibniz, « c'est
avoir des idées bien étroites de la sagesse et de la puissance de Dieu »
.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.