Le jeu de l’amour et du
hasard, Marivaux, 1730
Dans
sa pièce, Le Jeu de l’Amour et du Hasard, Marivaux met en scène deux couples
maître/valet, qui cherchent l’amour. Le comique de situation est basé sur le fait que les maîtres jouent le
rôle de leur valet et vice versa, sans que l’autre ne soit au courant du
subterfuge. Nous avons donc affaire à un subtil jeu de séduction, un jeu de
l’amour, mais d’où provient le hasard ?
Chaque
maître, sans le savoir, fait face à une personne de condition égale, et comme
le choix d’inversion des rôles s’est fait indépendamment pour les deux couples,
on peut dire que c’est « par hasard » que les deux valets et les deux
maîtres se retrouvent face à face, sans le savoir. Cet exemple illustre
parfaitement le dicton populaire : « le hasard fait bien les
choses ».
Mais
surtout, un autre aspect du hasard apparait dans la pièce : le hasard de
la naissance. En effet, c’est par cet acte, purement aléatoire,que se défini
notre appartenance sociale, nos goûts et même notre avenir. On s’approche ici la contingence, ce qui peut
être ou ne pas être, puisque Dorante aurait très bien pu naître dans une
famille modeste, et Silvia ne l’aurait jamais aimé.

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